L’évolution du running

L’essor du running s’est développé ces dernières 5 années tant au sein de sa pratique, que de son influence et par ses opportunités.

Une croissance exponentielle

Plusieurs sites de running se sont amusés à dresser le bilan de la nouvelle vague des coureurs sur les 5 dernières années. Le résultat est plutôt parlant.

Entre 2010 et 2015, la croissance moyenne annuelle du nombre de coureurs dépassait les 29%. En effet, c’est surtout sur les deux dernières années que le nombre de coureurs est passé de 8.6 à près de 16 millions de coureurs, soit près de 25% de la population.

Comment expliquer un tel bond sur les deux dernières années ?

Les runners débutants se sont multipliés de façon exponentielle. En 2014, ils représentaient 19% des coureurs, soit 1.6 millions et en 2015, ils sont passé à 6.7 millions, soit près de 42% de tous les coureurs. Pour tous ces nouveaux adeptes de la course, essayer le running c’est l’adopter, car seulement 7% d’entre eux se découragent et arrêtent au bout de quelques séances.

De plus, les réseaux sociaux se sont également emparés du phénomène, relayant les exploits de chacun et suscitant la curiosité de leur entourage.

Les effets bénéfiques laissent présager qu’il ne s’agit pas d’une simple mode mais d’un engouement qui s’inscrit dans la durée.

La pratique du running se féminise et rajeunie.

La course à pied se féminise, il y a plus de femmes que d’hommes qui se mettent au running, en 4 ans, le pourcentage des femmes est passé de 35% à 42%. Tout comme, ce beau sport séduit de plus en plus de jeunes. La part des vétérans diminue au profit des juniors de moins de 25 ans. Entre 2012 et 2014, le nombre des jeunes entre 15 et 24 ans a presque triplé, passant de 1.7 à 4.2 millions.

Au-delà de la simple intention de courir de temps en temps pour se donner bonne conscience, la nouvelle vague des runners affiche leur découverte d’un besoin physiologique qui pousse à enfiler ses chaussures à tout moment et parfois même à vivre avec !

Le jogging est devenu running !

Le croisement de ces différentes enquêtes confirme une différence entre le joggeur occasionnel du dimanche et le runner qui établit des objectifs et qui s’impose une réelle discipline avec une pratique régulière, progressive et programmée.

Cette nouvelle tendance du running confirme la recherche de performance. Pour Jean-Claude Boulay, sémiologue des marques, « Le running s’inscrit dans ce culte de la performance où il n’est plus question de se détendre. C’est presque une injonction hygiéniste, intériorisée et consentie, avec pour maître mot le ‘mental’. On est dans le dépassement de soi permanent ».

Les grandes marques du sport l’ont d’ailleurs bien compris, ce marché s’est envolé et la compétition pour séduire les nouveaux arrivants fait rage. On recense plus de 3000 références de chaussures, 16000 références de textiles et équipements et le running n’échappe pas non plus aux nouvelles technologies avec déjà plus de 1000 références d’objets connectés spécialisés.

L’ampleur de cette offre permet de répondre aux besoins de tous les profils. Cependant les marques tentent de personnaliser de plus en plus leurs offres marketing. Entre les différents produits d’une marque le nombre de combinaisons possibles dépasse les 2 millions de possibilités. Ainsi, un coureur peut facilement se démarquer de son voisin.

La compétitivité pousse les marques à améliorer les performances de leurs produits. Les chaussures s’allègent, gagnent en confort et en design, les semelles permettent de gagner en amorti. Les marques veulent répondre aux attentes de plus en plus pointues de leur clientèle. C’est sur ce principe que Noene a développé toute une gamme de semelles absorbantes. La technologie contribue à réconcilier la finesse, le confort, la santé avec le niveau de performance.

Le design et les effets du marketing.

Les amateurs de running n’échappent pas aux codes couleurs des genres, comme le montre une étude du NPD, les hommes veulent du bleu (+84% de ventes) et les filles du rose (le volume des ventes de modèles roses a été multiplié par 3 en 2 ans).

La technicité est-elle en reste face aux arguments esthétiques ? Non, pas vraiment, car les modèles ultra-performants vendus plus de 100€ ont également suivi cette explosion du marché avec plus de 43% de ventes entre 2014 et 2015.

Entre 2011 et 2015, le marché du running est passé de 305 M€ à 805M€. Les chaussures restent le principal investissement avec plus de 8.2 millions de paires vendues, soit 500 M€.

Un effet durable

Divers articles publiés en 2009 annonçaient le déclin du running, considérant que sa récente popularité s’essoufflerait, car ce n’était qu’un effet de mode. Aujourd’hui, l’effet de masse s’inscrit dans la durée. Le running a su se différencier d’une simple pratique éphémère pour devenir un phénomène social qui répond à un vaste champ de nouvelles attentes concernant sa santé, le dépassement de soi, la performance, le besoin de s’évader, l’hyper connectivité et le besoin de lien social.

Pour résumer cette belle tendance, le petit jeu de mot « Je cours donc je suis » n’aura jamais mieux porté son double sens…